Bien respirer…

Le fondement de la santé, du bien-être, mais aussi de l’équilibre psychique.
Le fait d’accéder à une bonne respiration va conditionner l’équilibre physiologique, psychique, mental et émotionnel de l’individu.

Cette bonne respiration, au départ, est instinctive et automatique. Il suffit d’observer un bébé respirer pour s’en rendre compte. Mais elle est déviée de son idéal au fur et à mesure que le sujet se construit. Les traumatismes, petits ou grands, s’inscrivent inconsciemment dans la structure de la respiration, comme dans celle du corps. Ils y laissent des traces qui perturbent le schéma respiratoire par l’installation de tensions, fragilisant du même coup la personne pour ses défis à venir.

Lorsqu’on évoque la respiration, on pense aux poumons. Or, si dans son aspect chimique d’échange gazeux, la respiration concerne effectivement la zone pulmonaire, sur le plan mécanique, elle mobilise le tronc dans son ensemble, de l’occiput au périnée, dans une synergie musculaire complexe.

Le diaphragme, le muscle clé de la respiration.

Divisant le tronc en deux à la hauteur des côtes inférieures, c’est un des muscles les plus puissants du corps. Il limite par le bas le volume pulmonaire et par le haut, le volume abdominal. Le mouvement du diaphragme est comparable à celui d’une coupole qui élève et abaisse le sommet de son dôme, en s’appuyant sur trois piliers : la colonne vertébrale, les côtes et le sternum.
A l’inspiration,
le diaphragme est actif. Il se contracte et le sommet de sa coupole descend. Cela entraîne :

  • pour la poitrine, une augmentation du volume thoracique par le bas, créant une dépression qui provoque l’entrée de l’air dans les poumons.
  • pour l’abdomen, un appui sur le volume (incompressible) abdominal qui, en se déformant, va gonfler le ventre.

Nous découvrons donc la première condition d’une respiration normale et complète : le volume abdominal doit être complètement libre et détendu. Réciproquement, toute tension abdominale chronique empêche ou réduit la respiration physiologiquement normale. Et toute tension passagère (liée par exemple au stress d’une compétition, d’un concert ou d’un examen) la réduit momentanément.

A l’expiration,

le diaphragme est passif. Son dôme remonte sous l’effet de l’élasticité des poumons et de l’action des muscles du ventre. Cela entraîne :

  • pour le thorax, une réduction du volume thoracique et une expulsion de l’air vicié hors des poumons.
  • pour l’abdomen, un travail synergique de tous les muscles qui forment la surface du ballon abdominal à l’exception du diaphragme.

Cette alternance rythmée est le mécanisme fondamental de la respiration. Ce mouvement entraîne toute la masse abdominale dans un flux et un reflux continuel, une succession de contractions et de relâchements. Ce brassage facilite et régularise les fonctions de digestions, d’assimilation et d’élimination. Le mécanisme de la respiration a donc un rôle non négligeable dans le fonctionnement du système digestif. Certains troubles de l’estomac ou des intestins sont en relation avec un mécanisme respiratoire bloqué ou insuffisant.
Le mouvement des côtes prolonge la respiration diaphragmatique.
Les côtes sont animées d’un mouvement coordonné à celui du diaphragme et qui contribue secondairement à l’augmentation du volume thoracique. Ce mouvement est réduit dans la respiration de repos mais devient plus ample quand un effort musculaire intense demande un approfondissement de la respiration. Et l’on retrouvera ici la même logique qui veut que des tensions musculaires peuvent tenir un rôle néfaste dans la respiration complète, en gênant ou en bloquant le mouvement des côtes.

Description de la respiration complète.

Nous pouvons considérer la respiration complète comme le résultat de l’alternance musculaire suivante :

  • A l’inspiration, tension active du diaphragme et détente des muscles abdominaux et pelviens. Dans la continuité de ce mouvement, les muscles pectoraux et dorsaux vont ouvrir la cage thoracique, d’abord latéralement, puis vers le haut.
  • A l’expiration, relâchement des élévateurs des côtes, tension active des muscles abdominaux et pelviens, repoussant vers le haut le diaphragme détendu. Puis, si l’expiration est forcée, contraction des muscles abaisseurs des côtes pour réduire encore le volume thoracique.
    Au quotidien,

Une mauvaise oxygénation, conséquente à une respiration insuffisante, engendre des tensions musculaires. Ces tensions peuvent contribuer aux douleurs de toutes sortes, en contraignant les mouvements, en écrasant les vertèbres et les articulations, en provocant des spasmes, etc.

On comprend qu’une respiration normale et complète, en plus de favoriser la digestion et l’élimination comme on l’a vu, régule l’ensemble du tonus musculaire qui influence, à son tour, l’attitude corporelle et donc, notre confiance, notre voix, notre capacité d’action… et bien d’autres choses encore.

En sophrologie,

la respiration est un des éléments clé. La relaxation dynamique éveil les sens, la perception consciente de la position et des mouvements des différentes parties du corps, qui permettront de sentir le mouvement de la respiration et, avec la pratique, d’identifier les tensions qui entravent le processus. Peu à peu, la respiration retrouve sa souplesse, son amplitude, sa liberté et sa régularité, sans que le mouvement ne soit forcé.

S’il faut respirer pour vivre, on peut ajouter qu’il est bon de bien respirer pour bien vivre. On a vu que la respiration influençait plusieurs champs. Elle conditionne directement la digestion, l’élimination, l’équilibre physique, l’équilibre psychique, la sensibilité émotionnelle. Elle influence notre structure corporelle. Il ne sert à rien de vouloir bien respirer à tout prix : ce n’est pas par la volonté que nous reconstruisons notre structure, c’est par la place que nous réattribuons à notre propre corps. Le corps sait comment respirer.